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Les croyances ont-elles droit au respect?

A l'occasion de la reprise des travaux de l'atelier en cette rentrée, le frère orateur* de l'atelier a délivré une planche* bien à-propos sur l'ambiance actuelle de notre société. Elle invite chacun d'entre-nous à s'interroger et c'est avec plaisir que nous vous invitons à la découvrir ci-après


*planche : conférence ou dissertation présentée en loge. Suivant les pays, rites et degrés, cette dissertation est appelée « travail », « planche », « morceau d'architecture » ou d'autres expressions. Les planches sont souvent suivies de commentaires. (source wiki)

*orateur : L'orateur d'une Loge maçonnique est l'officier gardien de la Loi et de la Rigueur. Il seconde le Vénérable Maître de la Loge et clôt tous les débats. (source Marc Halévy)



Depuis plusieurs mois, l’humanité est désorientée par une situation qu’elle n’a pas eu l’habitude de gérer. Une polarisation malsaine du débat est née. Ces dernières semaines un phénomène me déplaît plus particulièrement et génère chez beaucoup de personnes une certaine crainte. Ce malaise porte un nom et il s’appelle l’intolérance.

Depuis notre entrée dans notre Ordre, nous travaillons sur les vertus maçonniques de Sagesse, Force et Beauté. Toutefois, ce travail doit être également axé sur d’autres valeurs sociales parmi lesquelles figure la tolérance que certains nomment également égalité de considération. Nous le formulons en maçonnerie en disant les maçons se rencontrent sur le niveau, ce qui signifie qu’en vertu du nivellement hiérarchique social nous tendons à faire disparaître ce qui divise les hommes du fait de leur position sociale ou de leur richesse, et les maçons se séparent sur l’équerre, ce qui sous-entend la droiture du cœur, la droiture mentale.

On peut affirmer que la tolérance, c’est cette vertu qui nous fait supporter tout ce qui nous dérange dans nos convictions ou nos conceptions. Elle nous astreint à respecter les croyances comme les opinions ou attitudes de nos semblables tant que cela reste honnête dans l’ordre de la raison, sincère à n’en point douter et respectueux malgré les divergences de points de vue pouvant exister entre les hommes.

Nos croyances se sont formées sur la base de nos nombreuses expériences de vie, à partir de nos réactions liées aux événements heureux ou malheureux qui en ont découlé. Ces dernières ont forgé notre philosophie de vie et nos convictions les plus intimes. On comprend qu’elles puissent devenir pour certains un bien plus précieux que la fortune, plus précieux même, pour d’autres gens, plus précieux que la vie. Comme chaque individu, ces croyances ont droit au respect de tous.

Pour Voltaire (image ci-dessus : tombeau de Voltaire au Panthéon), « la liberté des opinions, celle de les faire connaître publiquement et de s’y conformer dans sa conduite, en tout ce qui ne porte atteinte aux droits d’un autre homme, est un droit aussi réel que la liberté personnelle et la propriété des biens.

Chacun doit rester libre d’admettre et d’exprimer ce qui, pour lui, correspond à des vérités, à des principes essentiels. Chacun peut faire connaître les opinions sociales, politiques ou religieuses qu’il estime les meilleures ou les mieux à même à apporter des solutions à une problématique existante dans certains domaines ou permettant simplement de conduire au bonheur.

La tolérance est une vertu très importante, car elle se caractérise comme la garante de la concorde, de la paix entre les hommes. Par extension, elle devrait être présente dans les rapports entre tous les groupes de toute nature.

Mais, car il existe un mais, le droit personnel s’arrête où commence celui de l’autre. Il faut également se souvenir que nul n’est au-dessus des lois.

Je souligne, que fort heureusement et surtout très intelligemment, en Franc-Maçonnerie nous excluons les discussions d’ordre politique et bannissons les controverses.

Toujours en me référant à Voltaire et son Traité sur la tolérance, il affirme que la tolérance constitue un liant fraternel. Il l’évoque dans le passage suivant : Puisqu’il est impossible de les réunir dans une même opinion, il faut leur apprendre à traiter comme leurs frères, ceux qui ont des opinions contraires aux leurs. Ne cherchez point à gêner les cœurs et tous les cœurs seront à vous.

Dès notre retour dans le monde profane, efforçons-nous d’être des êtres de tolérance, par nos paroles, par nos actes et par notre tenue. En conclusion, je vous livre cette citation d’un auteur inconnu :

La tolérance ce n’est pas tolérer l’autre, c’est l’accepter tel qu’il est.